lundi 3 juillet 2017

Projets futurs pour le blog : Un "mod" pour l'AdC v7 ?




Bonjour les amis.

Avant que vous partiez tous faire fondre vos tongs sur les sentiers du camping, j’aimerais vous faire part de quelques petits trucs.

La première chose serait qu’une fois de plus, je me suis planté dans mes infos concernant la campagne des Contrées du Rêve et que finalement, tout les ouvrages « solides » (à couverture solide), sont disponibles individuellement et dès maintenant en boutique et qu’il ne fallait pas attendre qu’ils sortent autrement que réunis dans la boîte de l’édition collector pour les avoir. Rassurez-vous, je l’ai vite su après l’arrivée de mon livre à la maison, mais j’avais oublié de le mentionner ici jusque maintenant.

Du coup, je suis très content car de mon côté, je vais pouvoir me payer la mini campagne « Le Sens de l’Escamoteur » pour ajouter un livre à ma collection et posséder enfin une campagne de cette v7, même si c’est l’une des plus petites. Mais une mini campagne américaine, avec des scénarios inédits et donc je ne ferai pas l’impasse dessus. Après avoir réfléchi, je pense aussi acheter un jour ou l’autre le Manuel de l’Investigateur ou bien essayer de l’emprunter à quelqu’un, car sa description manque cruellement à ce blog.
A part ça, je n’ai pas eu trop de temps à me consacrer à l’AdC, si ce n’est le fait de relire une énième fois les règles et ce n’était pas du luxe comme on dit, car j’arrive à comprendre toujours un peu plus le fonctionnement des règles (même les règles de poursuites qui sont illisibles pour une andouille comme moi). 

J’ai encore compris pas mal de choses et je ne saurais que vous conseiller de ne jamais cesser de relire le manuel du Gardien même si vous pensez maîtriser assez les règles pour mener des scénarii.

Et donc je n’ai commencé que depuis peu la lecture des Contrées du Rêve donc je ne peux pas encore vous en dire grand-chose.

Je ne saurais que trop vous conseiller aussi d’aller voir la critique de Rôliste TV qui a un parti pris très différent du miens et qui approfondit un peu plus la présentation et la critique avec l’expérience de joueur et de fan de littérature qui va avec. De mon côté, c’est surtout concernant les illustrations que je me suis retrouvé dans la critique, en ce qui concerne les cartes et puis évidemment certains dessins de Loïc Muzy dont je ne suis pas fan (plus particulièrement les humanoïdes).

Sinon, il y a aussi une mini série qui a débutée sur la chaîne et qui parle des influences littéraires de Lovecraft qui apporte là aussi quelques pistes à creuser quand on est MJ et notamment le rapport à l’horreur, au surnaturel et au cauchemar avec une succession de références très variée.

J’aimerais aussi vous faire part d’une envie que j’ai depuis longtemps pour ce blog et mon rapport au JDR dans l’univers de Lovecraft. J’ai parfois quelques idées qui me viennent, plus ou moins ambitieuses afin de créer du contenu. Créer du contenu qui apporterait un plus à votre expérience sur l’AdC, qui serait disponible gratuitement, mais produit en PDF avec au moins une mise en page de qualité.

Je voudrais créer un « mod » qui permettrait de jouer des aventures de l’AdC dans d’autres lieux, à une autre époque avec un référentiel culturel dense et avec des spécificités qui font que ce ne serait pas qu’une simple adaptation rapide pour présenter des scénarios. Non, ce serait un ajout qui nécessiterait une remise en contexte, une refonte de la création d’investigateur, un ajout sur les règles de magie, une refonte du matériel et des véhicules et objets, et le tout, avant de pouvoir enfin proposer des scénarii test et au moins une mini campagne.

Pour ne rien vous cacher, mon projet très ambitieux est de faire démarrer l’AdC après la seconde guerre mondiale et le début de la guerre froide pour faire démarrer le jeu aux alentours de 1955, avec l’introduction de la Beat Generation (les années 50 servant de scénariis flashback), jusqu’en 1969, année culminante de la pop culture avec le psychédélisme, les trips à l’acide, le flower power, les luttes des droits civiques américaines et bien sûr, Charles Manson et le satanisme d’Anton Lavey en toile de fonds. Ce ne serait pas tant pour le plaisir de faire jouer des chevelus cradingues qui sentent le patchouli, que pour faire jouer des scénarii de l’AdC sur la côte ouest et de s’inspirer de façon majeure de cette période. Tellement de films, de musiques, d’apport culturel, de tensions politiques (black panthers, révoltes étudiantes, guerre du Vietnam) et puis c’est aussi un moment où le satanisme, les sectes, la drogue et les meurtres propagent aussi une vision très noire de ce qu’on a retenu comme étant une période hippie « peace & love ».

Donc ce serait une fois de plus, une période moderne que Lovecraft n’a pas vécu, qui s’ajouterait à Delta Green et Achtung Chtulhu ! qui sont eux aussi très spécifiques. Mais, contrairement à Achtung Chtulhu !, je n’ai pas prévu que les aventures soient « Pulp » et contrairement à Delta Green, je ne prévois pas de faire jouer des membres d’une agence secrète, même si peut être cela pourrait s’adapter (mais pour moi, Delta Green devrait toujours se jouer dans les 90’).

Je trouve que cette période est intéressante car elle est en apparence pleine de promesse pour la jeunesse, on a pour fond une période très colorée, pleine de nouveautés, avec pour mot d’ordre « faites l’amour pas la guerre » et en même temps, c’est aussi une période de guerre justement, une Amérique qui se demande si elle ne va pas sombrer dans la guerre civile, une délinquance forte, l’arrivée d’arnaqueurs et de sectes qui viennent profiter de personnes qui se remettent à s’intéresser à des choses mystiques. On a l’arrivée des musiciens plein de rêves, de cinéastes expérimentaux, d’écrivains sous drogues chimiques qui écrivent des choses délirantes toute la nuit, des satanistes d’opérette qui font trembler les notables (et les fascinent à la fois). 

Alors ajoutons à cela, les horreurs lovecraftiennes là-dedans ; ça ne peut que fonctionner.
Le truc, c’est que mon expérience en tant que rôliste et Gardien est insuffisante pour le moment pour prétendre être de taille à mettre en place un projet pareil. Je sais également que, malgré les champs référentiels que j’ai de cette époque, ma façon aussi de l’envisager, il va me falloir encore beaucoup de documentation pour prétendre avoir les matériaux pour faire quoi que ce soit.

Je sais aussi que cela va me prendre beaucoup de temps de rédaction et de mise en page et qu’il ne sera pas forcément ma priorité parmi les projets que j’ai actuellement. Donc cela va prendre du temps. Ce sera peut être le temps pour vous comme pour moi, de profiter de la gamme actuelle de SD, des dizaines et des dizaines d’heures de jeu déjà publiées dans les scénarii et campagnes de la v7 (et ceux de la v6 encore valables pour ceux qui ne s’y sont pas aventuré). Le supplément des Contrées du Rêve va également bouleverser la façon de jouer sur les tables et j’ai envie de voir aussi vers quoi les gens s’orientent et s’il me faudra compter sur les Contrées pour mon « mod ».

J’ai le temps de m’aguerrir en tant que Gardien et blogueur, donc vous ne verrez pas tout de suite le résultat de ce projet, mais je vous ferai part de chaque avancée afin de travailler avec vous. Afin que vous puissiez m’aider à avancer sur des parties techniques que vos expériences de rôlistes en général supérieures à la mienne sauront être utiles. N’ayant pas encore de nom, je l’appellerai « Projet Ancient Butterfly » et vous retrouverez les articles avec cette mention.

En attendant d’aller au bout de projet très/trop ambitieux pour moi, je vais vous proposer prochainement des adaptations de pré-tirés d’investigateurs que vous retrouvez dans le jeu de plateau « Les Contrées de l’Horreur ». Je vous détaillerai dans un prochain article le pourquoi du comment sachant qu’à terme, mon but sera de vous proposer de rendre utile vos éléments de ce jeu dans l’AdC v7.

Encore un article bien trop long les amis, mais qui j’espère vous tiendra en haleine pour l’avenir de ce blog. J’ai hâte de vous proposer du contenu, toujours fait par un fan, pour les fans, à but non lucratif et en vous ouvrant grand les bras.


A très vite pour de nouvelles aventures !

Dieter Crane : Rédacteur en Chef et Gardien débutant.

dimanche 4 juin 2017

Traduire l'Inommable : Bragelonne-SD, David Camus, François Bon; laquelle choisir ?

Bonsoir les amis,

Avant de commencer à traiter du sujet de l’article, je voudrais rapidement revenir sur le précédent article car j’ai reçu des justes critiques (dont une de Mathieu de Rôliste TV rien que ça) et de même, en repensant à certains éléments que j’avais écrit (puis l’article précédent était relativement mauvais car rapidement torché il faut bien l’avouer), il me faut clarifier quelques éléments. Effectivement, j’étais dans des approximations car je le redis, je n’ai pour l’instant que survolé par ci par là le livre ; étant donné que j’en suis à relire les règles de base et revoir mon dernier scénario préparé avant de m’engager dans ce supplément et donc, je ferai des articles plus pointilleux dans de prochains articles. Ensuite, je me suis effectivement planté concernant le dépliant de Kingsport, c’était effectivement logique et bienvenue de le placer dans le supplément dédié à cette ville plutôt que de l’offrir à tous ceux qui avaient au moins souscris au livre des Contrées uniquement ; cela nous aurait de toute façon frustré encore plus de ne pas avoir pris le reste et donc tant pis pour moi j’ai envie de dire ; j’assumerai donc mon choix (et mon budget riquiqui). Pour l’instant, certains livres de la collection ont été fabriqués uniquement pour les détenteurs de la Boîte collector et, connaissant Sans-Détour, ils ne seront pas réédités tout de suite (voir jamais pour certains ouvrages) à titre d’ouvrage seul pour les magasins. On peut déjà penser que « Murmures par-delà les songes » qui est un recueil de scénario complètera peut être d’ici la rentrée les étalages, mais c’est vrai qu’en toute logique, pour continuer à rendre le financement participatif attractif, on peut déjà imaginer que Sans-Détour se fera désirer. Alors je tenais à le dire ici : Si je devais choisir uniquement un livre parmi tous ceux qui accompagnaient cette boîte, je choisirai « Le sens de l’escamoteur » qui semble être une mini campagne exclusivement américaine qui n’était pas du tout prévue à la base. S’ils pouvaient la ressortir pour Noël ou même dans un an, je pense que je l’achèterai sans hésiter. Je crois que c’est le supplément qui m’a le plus fait « tiquer » sur la page Ulule et j’étais très content qu’il soit débloqué pour les souscripteurs. Donc j’espère qu’il ressortira un jour, même si ce n’est pas pour tout de suite, je suis prêt à patienter le temps qu’il faudra.

Voilà désolé donc d’avoir un peu « torché » l’article précédent et avoir fait des erreurs, c’était surtout pour marquer bêtement l’arrivée de ce colis tant attendu dans la douleur, mais avec finalement toutes ses promesses honorées. Il n’en reste pas moins que je campe sur ma position et que j’attendrai dorénavant la sortie en magasin ; sans rancune.


Comme promis, je vous publie ici un article dédié aux traductions françaises des romans et nouvelles de Lovecraft. En effet, l’œuvre étant dans le domaine public, nous arrivons au stade où 4 traductions et 6 voir 7 éditions différentes se font actuellement concurrence dans les librairies et parmi ces traductions, il y en a 3 qui sont récentes (2010 à 2015) et qui proposent chacune leur version « dépoussiérée » de l’écriture de Lovecraft.

Alors que choisir, les partis pris vont de bon train, les discussions en la matière sont ce qu’elles sont, mais pour traiter le sujet et puisque je n’ai pas de stagiaires à obliger de lire toutes les versions à ma place ; je vais tenter de prendre le sujet sur un autre angle.

Qu’est-ce que Lovecraft en France avant ces nouvelles traductions ?

Et bien c’est un auteur qui a fasciné, mais qui a été aussi pendant longtemps mal aimé des universitaires (au même titre que Tolkien l’a été et l’est encore parfois aujourd’hui). Auteur de niche, de genre, pas vraiment de la littérature à proprement parler, mais plutôt un auteur préfigurant la science-fiction ou la fantasy moderne ; la France avait jusque là, très vite fait de traduire Lovecraft sans trop se soucier de son écriture ; le plaçant durant plusieurs décennie comme un auteur de genre et non comme un écrivain de littérature « pure » (au sens où ce n’est pas tant le sujet et la représentation que l’écriture même qui est un enjeu, un peu comme on pourrait différencier un Moebius ou un Druillet d’une licence « les blondes » ou « les profs » dans la BD).

Mais oui, mais voilà, entre temps, des fans se sont emparés de son œuvre et notamment des écrivains et poètes de renom comme Michel Houellebecq, des historiens d’auteurs ont consacré des travaux sur Lovecraft au point de découvrir de nouveaux textes et surtout de nouvelles facettes de l’auteur encore aujourd’hui (et même que ce n’est pas terminé paraît-il). On sait maintenant qu’il ne lisait pas que du Poe, mais aussi des écrivains français, on sait que sa légendaire misanthropie s’accompagnait d’une forme d’ambivalence dans le fait qu’il voyageait beaucoup et discutait avec énormément de gens à travers le pays (de vive voix et de correspondance) au point de devenir parfois un sujet de discussion dans les transports entre des inconnus qui l’avaient rencontré à divers endroits. On en sait plus aussi sur son rapport au racisme et son antisémitisme qui s’accompagnaient aussi de formes de repentirs à certains moments de sa vie (en remettant d’ailleurs son rapport à ces questions dans le contexte de son pays à l’époque où malheureusement c’était choses banales ; de même qu’en France, rappelons le, il n’a pas fallu attendre l’occupation allemande pour que l’antisémitisme existe, il était institutionnalisé comme en atteste l’affaire Dreyfus).

Donc la question, avant de savoir, quelle traduction choisir, c’est de savoir comment vous percevez l’œuvre de Lovecraft ?

Est-ce que l’on doit la considérer comme étant l’œuvre d’un auteur à part entière avec des enjeux littéraires et pas seulement des commandes « pulps » pour des magazines ? Ou bien est-ce qu’on doit replacer son travail dans le genre dans lequel on l’a un peu « coincé » au point d’avoir failli passer à côté de son œuvre ? Est-ce qu’on doit faire du « fan service » et plaire à une communauté geek toute puissante ? Qui est non seulement la clientèle principale pour cet auteur, mais aussi sa productrice avec l’arrivée du financement participatif ?

On pourrait même ouvrir sur cette question : Le public doit-il être le décisionnaire dans l’industrie culturelle en général ? Que ce soit en musique, en art, en cinéma, BD et romans ? Ou bien faut-il confier les rennes à des gens garants d’une certaine intégrité et exigence artistique ?

Et puis comment traduire Lovecraft une fois ces choix réalisés ?


Faut-il tout changer nécessairement ? Faut-il moderniser ou plutôt « post-moderniser » quelques passages afin de « dépoussiérer » ses romans ? Un peu comme certaines licences le font maintenant en enlevant des mots jugés « désuets » et/ou « trop complexes » pour le grand public et simplifiant la syntaxe ? Faut-il être orthodoxe au point de décevoir certains qui seraient peut être allé un peu trop loin dans les élans lyriques appelant au « génie » (qui est un concept auquel je ne crois plus personnellement). Faut-il « franciser » ou faut-il garder certains éléments qui nous paraîtront être illogiques afin d’essayer d’être fidèle à l’organisation des idées dans une phrase ? Ce n’est pas pour rien que c’est un métier d’être traducteur ; un métier qui me dépasse (surtout quand on voit mon niveau d’anglais et mon rapport aux langues étrangères).
Je ne connais pas les décisions à prendre lorsqu’on traduit, ni les buts fixés en amont entre le respect littéraire de l’auteur ou la volonté de faire entrer la version française de Lovecraft au XXIème siècle.

Alors une autre question me vient en tête :

Une fois qu’on a déterminé à peu près les choses à faire et à ne pas faire et comment appréhender enfin Lovecraft afin de le redécouvrir ; on choisit qui comme traducteurs ?

Et bien vous avez actuellement trois choix :

_David Camus aux éditions Mnémos (Helios) qui a un parcours littéraire universitaire, qui est habitué au genre SF au point d’avoir participé à nombre de publications tels que Stephen King, Clive Barker, Anne Rice pour ne citer que les plus connus parmi les auteurs « de genre » renommé dans plusieurs pays. Et bien sûr, David Camus a lui aussi des romans à son actif. Et actuellement, pour les fans de Lovecraft, c’est le premier choix de traduction d’autant que la critique semble avoir soutenu son travail et que l’édition a fait un job de qualité il faut bien le dire.

_Bragelone en partenariat avec Sans-Détour qui ont convoqué plusieurs traducteurs, ce qui ne se fait pas traditionnellement pour traiter d’un « grand écrivain », mais qui semble être de bonne volonté pour produire une traduction véritablement neuve et avec le souci de respecter la langue maternelle de l’auteur avant la notre (du moins c’est à peu près ce que j’ai retenu de l’interview que j’ai lu). Et évidemment, cela accompagne les ouvrages du jeu de rôle puisqu’on retrouve les illustrations de Loïc Muzy.

_Enfin, l’édition du Seuil, traduite par François Bon qui est un écrivain renommé en France, qui a mené un travail traditionnel avec une nouvelle préface explicative, une traduction la plus fidèle possible au point de déranger certains par l’aspect littéral ou répétitif dans certains passages. Et pour le coup, on sort de la traduction par un auteur de genre, pour faire place à un écrivain qui met l’écriture au centre des enjeux et non plus les sujets des nouvelles. On est vraiment dans la tradition de la traduction en France avec un grand écrivain qui en traduit un autre au nom de la littérature avant tout.

Alors quel sera mon parti pris ?

L’édition Mnémos est très attractive, les ouvrages qui accompagnent ces nouvelles traductions pour plonger d’avantage dans l’aspect fantasy de Lovecraft son vraiment de beaux objets qui peuvent être des clefs pour connaître d’avantage « Les Contrées du Rêve ». Oui, mais voilà, les romans en eux-mêmes sont assez cher je trouve pour du domaine public (10 balles le roman, on croirait acheter une licence) et mon intérêt se porterait d’avantage autour d’un bouquin comme « Kaddath » par exemple.

Pour Sans-Détour, là encore, je suis personnellement sceptique sur le fait de traduire à plusieurs mains comme pour essayer de produire un travail neutre, je crois qu’il ne faut pas avoir peur de se salir les mains dans une traductions car c’est de toute façon, forcément une trahison. Et là encore c’est cher car il faut payer Loïc Muzy, plusieurs traducteurs, deux éditeurs. Et puis, autant j’adore le jeu de rôle de l’Appel de Chtulhu (au point de n’avoir rien de mieux que d’alimenter ce blog dédié comme vous l’aurez remarqué), autant je crois qu’il faut distancier l’œuvre littéraire d’un jeu de rôle (qui voit maintenant ses concurrents apparaître et ses versions dystopiques se multiplier). Je ne ressens pas le besoin d’avoir les dessins de Loïc Muzy sous le nez pour lire car je les place dans le cadre d’une interprétation des monstres du jeu avant tout et je n’ai pas envie d’en faire quelque chose d’incontournable.

Je me tourne donc vers les traductions de François Bon, je trouve son parcours atypique, sa carrière intéressante. Je me retrouve dans ce traducteur qui est dans un milieu quand même très accès sur des écritures contemporaines depuis les années 90, de la poésie contemporaine, des expérimentations numériques (parmi les premiers auteurs français à faire cela), les micros éditions auxquelles il participe. Je me retrouve finalement dans ce choix qui sort un peu du genre SF pour venir enfin à l’écriture en tant que telle et à la littérature. Et m’intéressant un peu à cette scène littéraire française qui ne fait pas que du roman disons « attendu » (sans forcément être du roman de genre), mais qui produit aussi de l’écriture contemporaine et fait vivre la littérature sans forcément être pieds et poings liés au commerce du livre ; je suis plutôt tenté par son travail.

Et donc j’ai déjà acheté plusieurs de ses traductions que j’ai pu comparer aux éditions « J’ai lu » et « 10/18 » qu’on avait jusque là, et bien je dois dire que comme il a été dit pour les traductions de David Camus, que la traduction est beaucoup plus fluide et agréable à lire. Et on sent pourtant que Lovecraft est un auteur d’il y a cent ans, au moment où le roman est de son époque dans sa densité d’écriture, mais aussi ses légèretés et bien sûr, les questionnements métaphysiques chez Lovecraft.

De plus, dans les préfaces, on apprend à chaque fois plein de choses, François Bon revient sur son travail et ce qu’il a découvert de Lovecraft.

Autre bon point : Il y a des nouvelles qui ne sont pas forcément traduites, il n’y a pas que les écrits que tout le monde connaît, il y a aussi la volonté de mettre à la même place d’autres écrits qu’on connaît moins ou pas du tout. Et donc les traductions ne suivent pas une thématique de l’univers fictif de Lovecraft, mais la chronologie du moment où ils ont été écrit. A quels moments de sa vie, et ce qu’ils racontent sur l’auteur.
Donc c’est très intéressant, on est devant un travail littéraire qui rend sobrement hommage à un auteur injustement placé comme un auteur de genre tandis que le parti pris actuel, veut que l’on place maintenant Lovecraft comme faisant partie de ce qu’on appelle généralement les « grands écrivains ».

C’est donc l’édition qui fera mentir les universitaires encore sceptiques ou pris dans une image dépassée de l’auteur et de son œuvre.

De plus c’est à chaque fois deux fois moins cher que ses concurrents, l’édition est modeste, mais jolie et originale. C’est une collection qu’on peut facilement se constituer et je suis personnellement très content de les posséder quasiment tous. J’ai la couleur tombée du ciel, Dagon et autres récits d’horreur, montagnes de la folie, chuchotements dans la nuit, la maison maudite. Il me manque l’appel de chtulhu et dans l’abîme du temps car je les ai dans d’autres éditions (et à force d’acheter différentes éditions, j’ai trois fois par-delà le mur du sommeil et j’en ai marre ah ah ah) et j’achèterai les suivants.

Autre bon point pour François Bon, il est très actifs sur les réseaux sociaux et aussi sur Youtube avec sa propre chaîne qu’il alimente très régulièrement en parlant de son travail sur Lovecraft, mais pas que. Il fait des lectures de textes très plaisantes, il installe une forme de proximité et de complicité avec son public et ça le rend particulièrement sympathique et proche de nous ; pour le coup cela fonctionne.

Donc mon choix est fixé, mon parti est pris, j’ai choisi les traductions de François Bon qui représentent pour moi les traductions littéraires d’une époque clef où Lovecraft est en train de changer de statut et de révéler encore des secrets et je trouve cela intéressant d’avoir une traduction d’un écrivain qu’on placerait d’avantage dans la poésie contemporaine (bien qu’il ait plusieurs romans récompensés durant sa carrière).

Alors, pour moi, aucune traduction ne prévaut sur une autre actuellement, j’effectue un choix qui me regarde, qui va avec mon rapport au livre et à la littérature et avec mes affinités. Cela ne disqualifie en rien les autres versions, même celles de Folio ou J’ai lu ou autres bien que ce serait dommage maintenant de les acheter neuf et de subir le style lourd de leurs traductions quand les nouvelles ont globalement rendus plus fluides la lecture. De même pour Bragelonne et Sans-Détour, les préfaces et textes accompagnant les récits, apportent eux aussi quelque chose en plus. Et pour Mnemos encore une fois, c’est un choix tout à fait intéressant et il n’y a rien à redire sur la qualité de la traduction et d’édition selon les critiques et ceux qui ont fait le choix d’Helios.

A côté de cela, les éditions du Seuils proposent des livres plus fins, plus petits, plus modestes dans leur réalisation ; tout dépend si vous êtes un geek collectionneur ou bien le genre de gars  (comme moi) qui se concentre plutôt sur l’écriture et n’a rien besoin de plus.

Donc à vous de faire vos choix parmi toutes les pistes abordées concernant ce que doit être une traduction et ce que doit être Lovecraft ici et maintenant pour nous, notre façon de consommer de la culture, notre façon de l’aborder maintenant que la pop culture a définitivement kidnappé l’univers des récits de son auteur tel un monstre échappant à son créateur (et l’allusion au roman de Shelley est bienvenue ici).
Je vais donc conclure par ce qu’a répondu François Bon lors d’une discussion sur le sujet dans les réseaux sociaux l’autre jour :

« Le meilleur moyen, c’est encore de tous les tester ».

J’espère que cet article vous aura plus, si vous avez fait un autre choix que moi, n’hésitez pas à m’en parler et si vous désirez participer à votre tour à la rédaction de ce blog, contactez moi.

Dieter Crane : Rédacteur en Chef et Gardien débutant.

mardi 30 mai 2017

La Clé d'Argent des souscripteurs : Le Livre des Contrées du Rêve


Bonjour chers amis Gardiens, quel plaisir il m’est donné de publier enfin un nouvel article sur ce blog dédié.

On se retrouve aujourd’hui pour la réception du supplément « Les Contrées du Rêve » que nous attendions tous depuis un an environ et que j’ai reçu une semaine après quasiment tout les autres souscripteurs de l’hexagone pour des raisons géographiques apparemment (ça touchait le département de ce que j’ai compris). 


Pour parler de ce supplément, il faut revenir sur le fait que « Les Contrées du Rêve » est toujours très attendu à chaque version de l’AdC ; sa version la plus culte ou la plus connue étant certainement celle de la 4ème version du jeu.

Ici, nous avons donc la 4ème version du supplément qui porte donc le nombre « 46 » de la collection pour cette 7ème édition de l’AdC.

Le financement participatif avait très bien marché, la quasi-totalité des paliers avaient été franchi avec d’excellents suppléments dans le supplément comme des ajouts d’illustrations de Loïc Muzy, des cartes des Contrées, d’autres ouvrages dont un recueil de scénarios inédits ainsi qu’un chapitre rédigé par Tristan Lhomme.

Bien sûr, vous connaissez votre humble serviteur, n’étant pas très riche, je me suis contenté de souscrire pour le livre uniquement. J’ai un petit pincement d’ailleurs car autant je trouve inutile d’acheter les boîtes de campagne (en ce qui me concerne bien évidemment), autant pour un supplément aussi culte, j’aurais aimé posséder plus de revenus. Mais, mine de rien, j’en suis à 4 ouvrages en tout (le Manuel, deux recueils de scénario et les Contrées) pour 150€ en tout (je ne compte pas l’écran) et cela suffit amplement pour jouer, j’ai largement assez de scénarios et même de quoi construire des micros campagnes qui tiendront en haleine mes investigateurs… C’est largement assez pour l’implication que j’ai pour ce jeu.

D’ailleurs, pour les débutants comme moi (dans le sens où vous n’avez pas trop l’habitude de vous investir dans ce type de jeu), je vous conseille de faire pareil : Achetez le Manuel du Gardien, les Aventures Effroyables et le livre des Contrées du Rêve (et l’Ecran de base histoire que ça ait de la gueule sur la table) et vous avez tout ce qu’il vous faut pour jouer ; vous n’avez pas besoin de plus.

Je tiens aussi à dire que c’était la première fois que je souscrivais pour un financement participatif. La seule expérience que j’ai, c’était en tant que musicien pour récolter des dons à l’époque (et ça avait marché d’ailleurs). Je crois qu’il était vraiment nécessaire que j’expérimente après l’article que j’avais fait à propos de la tristement culte « sacoche en cuir » de la campagne des 5 Supplices ; je leur devais bien ça à Sans-Détour et je réserverai donc une partie à la fin pour parler de mon expérience de souscrivant.


Alors parlons maintenant du Livre.



On garde tout d’abord la mise en couverture de la 7ème Edition et de son système de pourcentage qui indique 110% au total à cause des suppléments réalisés grâce au financement participatif (80% contexte, 20% aventure et 10% règles). 

Toujours la couverture en relief avec un magnifique navire comme illustration. D’ailleurs, la couleur de la tranche se situe entre la couleur Terre du Manuel et le Vert foncé des recueils de scénarios ; ce qui permet de le distinguer des autres tomes dans la bibliothèque sans avoir à retenir son nombre. Par contre, par de marque-page ruban. Je trouve cela dommage car on en a pour les recueils de scénarios et même 2 pour les Aventures Effroyables et cela ne se justifie pas forcément tandis que pour un ouvrage de contexte cette fois, avec des index, des repères géographiques, un bestiaire… Pour une mini encyclopédie de la Fantasy de Lovecraft donc, point de marque page ruban ? L’absence se fait remarquer. Comme le dit la chanson : c’est peut être un détail pour vous…

Ensuite, à l’intérieur des couvertures, et ce des deux côtés, vous aurez des cartes en couleur des Contrées du rêve, ce qui est super sympa de les avoir ajouté pour ceux qui n’avaient pas souscris à l’ensemble de la collection ; pour le coup je suis content d’avoir des exemplaires de ces cartes, même en version réduites. D’ailleurs, vous trouverez aussi des croquis des villes cultes de cet univers qui font des moitiés de page ; c’est toujours sympa de pouvoir les visualiser correctement.


Je ne veux pas vous spoiler, donc je ne vais pas entrer dans les détails de ce que contient le livre car tout est indiqué en 4ème de couverture et en plus pour l’instant, je ne l’ai pas lu en entier, loin de là, je l’ai survolé à plusieurs reprises. 


Je peux vous parler des choses que j’ai pu remarquer :

_Un avant-propos qui précise bien que le Livre traite de la dimension fantastique de l’univers de Lovecraft et non de celle  de Lord Dunsany chez qui apparemment, il y a eut des précédents quant à l’ajout d’éléments de l’univers de ce dernier étant donné que Lovecraft s’est fortement inspiré de son œuvre. Donc je trouvais que c’était bien de vous prévenir si vous ne possédez pas encore le livre ;  histoire que vous n’ayez pas l’impression que Chris Williams ait « oublié » certains éléments.

_Un résumé du voyage de Randolph Carter qui est très sympa pour ceux qui ne possèdent pas comme moi l’édition qui avait publié les nouvelles sous le nom « Démons est merveilles » (que je vous recommande vivement) disponible en « 10/18 » dans l’édition des Deux Rives (que vous trouvez partout). Dans la collection « J’ai lu » tant qu’on y est, je vous recommande également le recueil de nouvelles « Night Océan » qui a publié « Les Chats d’Ulthar » qui est une nouvelle incontournable pour qui veut connaître d’avantage cet univers (c’est même celui par lequel commencer). Là aussi, vous en trouverez encore dans les librairies et pas très cher.

_Vous avez un index géographique avec tout les noms de lieux des Contrées du Rêve ainsi que l’ensemble des Dieux; ce qui vraiment génial, ne serait-ce que pour accompagner les lectures des nouvelles, vous avez là une mini encyclopédie qui vous permet de vous repérer et de briller lors des séances de rituels impies (et autres joyeusetés du style ou à un concert de Jul sait-on jamais sur un malentendu).

_Petit Spoil : Vous avez une liste avec les habitants des Contrées du Rêve et leurs caractéristiques de PNJs et chose vraiment sympa pour les anciens joueurs : Ils ont repris les portraits de la 1ère version de ce supplément avec des portraits dans un style comics années 50 très sympa qui rappellent évidemment la 4ème édition. C’est un clin d’œil sympa je trouve pour ceux qui possèdent les éditions précédentes.

_Le Bestiaire est foisonnant, les illustrations de Loïc Muzy sont bien barrés ; rien de tel qu’une Contrée impossible pour se lâcher d’un point de vue graphique. Cela va compléter le Manuel du Gardien. Cela fait quand même une cinquantaine de pages de créatures, de monstres et de dieux qui viennent s’ajouter à ceux que nous connaissons déjà. Je pourrais consacrer un article sur ce bestiaire uniquement tellement rien qu’en survolant, j’ai adoré tomber sur le buopoth, le chevaucheur de nuit, l’arbre sorcière…

_Le fameux cahier de 16 pages d’Illustrations couleur de Loïc Muzy qui est très bien imprimé et qui est le bienvenue dans un livre essentiellement composé de textes et de dessin en noir et blanc. Vous avez des choses très sympas avec à chaque fois la créature ou le personnage centré avec son signe du zodiaque (lol) en haut dans le coin. D’ailleurs la « Chose au Masque jaune » est sous le signe du Martini olive et on ne m’avait rien dit (petit spoil d’ailleurs désolé). Content de retrouver le « Naggoob » car ça m’a rappelé la fois où j’avais réussi à trouver d’où sa base était issue lorsque Loïc Muzy l’avait publié sur internet ; il m’avait confirmé être allé voir du côté des ogres dans Warhammer pour s’en inspirer.

_Bien entendu, vous avez tout un lot d’objets étranges, de grimoires, artefacts et autres sortilèges qui viennent compléter là aussi le Manuel de base.

_Enfin, vous avez 6 scénarios de tout niveau qui vous permettent d’expérimenter le passage du Réel aux Contrées. Vous en avez en moyenne pour 40h de jeu minimum. Le premier étant un petit scénario qui tient sur 2h et qui permet de tester les règles. Par contre, j’en ai repéré un qui permet de traiter d’une histoire de sorcellerie qui se déroulerait à la fois dans Arkham et les Contrées et pour ceux qui ont le scénario « Lettres de sang » du Manuel du Gardien, je trouve cela génial car vous pouvez certainement faire coïncider les deux puisque les deux se déroulent dans Arkham et parlent de sorcellerie. A voir si cela est possible, mais en tout cas, ça me donne envie de tester et de faire jouer un double scénario en une aventure. Pour les 4 autres scénarios, je n’ai pas pris le temps de regarder un peu plus et je vous en ferai part plus en détail en temps voulu ou si vous le désirez. En tout cas c’est accrocheur et cela va vous permettre de désorienter d’avantage vos investigateurs qui auraient pris un peu trop d’aplomb (même si vous ne jouez pas avec les règles d’aplomb d’ailleurs).


_Et bien sûr quelques explications et conseils dont le chapitre supplémentaire de Tristan Lhomme qui sera certainement le bienvenue et que j’ai hâte de lire, car jusque là, j’aime énormément le travail de ce monsieur


Alors avant de finir sur une petite critique et mon expérience de souscripteur, je voudrais revenir sur un double conseil qui me paraît urgent de mentionner ici :

_Ne mettez pas ce livre dans les mains d’un investigateur. Ne le mettez même jamais à sa vue et ne le prévenez même pas que vous possédez ce supplément.

_J’irai même plus loin en disant que lorsque vous jouez un scénario, ne dites jamais « ici les copains, vous allez jouer dans les contrées ça va être super », gardez la surprise jusqu’au bout. Ne jouez même pas avec l’écran des Contrées du Rêve d’ailleurs ou bien mettez le sur la table uniquement au moment où vos investigateurs se sont endormis comme pour dire « là, nous sommes dans un autre monde ».


Donc voilà, ce sont les premiers conseils qui me sont venu en ayant enfin le livre en main, gardez le secret jusqu’au bout afin de surprendre le plus possible vos investigateurs et garantir un super effet durant la partie.



Petite critique maintenant : A 284 pages pour 45€, sachant que le livre est aussi épais que « Les Aventures Effroyables », certains diront que c’est onéreux ; d’autant que c’est le prix du Manuel de Base (et vlan 90 balles deux bouquins !). Mais le contenu et la qualité de mise en page et d’impression sont au rendez-vous, c’est effectivement un Manuel qui double votre Manuel du Gardien et vous apporte une version condensée et complète de tout ce que l’univers fantastique de Lovecrat compte comme éléments, en plus de l’univers horreur que vous possédez déjà. 

Les deux ouvrages se complètent, ils dialoguent entre eux et l’investissement en vaut la peine afin d’organiser la meilleure table de jeu du tié-quar. Je dirais même que c’est plus important d’investir dans ce livre que dans n’importe quelle campagne si un choix devait se faire. Je regrette une fois encore l’absence de marque page ruban, ça perd de son côté encyclopédique du coup et encore une fois, pour un bouquin de Contexte essentiellement, Sans-Détour aurait pu l’ajouter et se dispenser de les mettre dans les recueils de scénario ; je trouve qu’il y a un problème de logique là-dedans (ou bien je délire complètement ce qui est toujours possible). Je n’ai pas pris le temps de le lire donc je ne peux pas vous dire si l’ouvrage possède des coquilles ou pas ; je l’ai eu une semaine après tout le monde et je n’ai pas eu écho d’un problème de cet ordre donc c’est bon signe.

Personnellement, si vous désirez avoir une version complète de cette 7ème édition, vous ne pourrez pas passer à côté de ce supplément, avec Le Manuel du Gardien et un recueil de Scénario, il fait partie des priorités (et encore une fois, avec trois ouvrages, vous n’avez pas besoin de plus).
Alors maintenant parlons de mon expérience de souscripteur :

Je tiens à dire que je suis très content du résultat, mon bouquin est arrivé en parfait état.

Je tiens à dire aussi que c’est super plaisant et satisfaisant d’avoir son nom mentionné dans le Livre, je ne m’attendais pas à être aussi content et puis je suis allé voir et aussi celui des copains qui avaient souscris et c’est vrai qu’avoir son nom mentionné dans un ouvrage dédié à l’univers fantasy de Lovecraft ; ça claque. Donc rien que pour ça, je ne regrette pas ma souscription.

Après, elle ne s’est pas fait sans mal car jusqu’au dernier moment j’ignorais tout du système de pledge manager et de son fonctionnement, j’ai dû demander à quelques camarades rôlistes de m’orienter (et heureusement qu’on a une communauté sympa entre deux polémique à propos du sexisme lol). Donc là-dessus, j’attendais mon colis, mais pas confiant d’avoir fait la bonne manip. Ensuite, j’ai vu que toute la France recevait le colis et dans mon département, on a pris notre mal en patience. Au début j’ai cru qu’ils envoyaient en premier les plus gros cartons (ce que j’aurais compris d’ailleurs), mais en fait non, c’était apparemment par département et manque de chance, le miens ne fut pas parmi les premier à être servis. En plus avec le jour férié qui a incité tout les postiers du coin à poser leur week-end de 4 jours (et qui peut les en vouloir ?)… Donc voilà j’ai eu ma souscription, mais avec toujours ce suspens de « est-ce que ça va arriver ? Et quand ? Et pourquoi c’est si long », j’ai pas mal trépigné d’impatience car je l’attendais chaque jour depuis sa date prévue, puis sa date de retard en Avril et je suis bien content de l’avoir enfin reçu. Pour ma part je suis malgré tout ce retard, satisfait de l’objet en lui-même et de l’avoir reçu avec les suppléments débloqués ; rien à redire concernant le livre.

Par contre, lors de la campagne de financement, il me semble que parmi les paliers débloqués, il y avait le dépliant touristique de Kingsport que j’attendais de recevoir. JAMAIS, il n’a été mentionné que celui-ci serait réservé uniquement à ceux qui avaient souscris pour la version boîte ; d’autant que le dépliant apparemment était remis dans un des livres donc ce n’était pas là une difficulté de l’insérer dans le livre des Contrées du Rêve. Donc, concernant ce bémol, je suis déçu car je m’attendais à le recevoir comme les riches car après tout c’est juste un dépliant, ce n’est pas un objet solide comme une clef ou un goodies et c’était le SEUL élément pour lequel il n’était pas précisé qu’il était réservé à ceux qui avaient souscris la boîte. Donc je reçois un colis à la valeur de ce qu’il vaut, mais j’ai l’impression de ne pas avoir reçu l’entièreté de ma contrepartie ; par conséquent je ne souscrirais plus jamais à un financement de Sans-Détour. Vous allez  me dire « oui mais tu es le premier à dire que les goodies pour les JDRs c’est inutile », oui mais il n’empêche qu’il devait faire partie de ma souscription logiquement ; s’il se retrouve au fond d’un meuble ensuite ça me regarde. Disons que c’est pour le principe, d’autant qu’avec un retard de livraison de deux mois; la moindre petite chose qui ne va pas, a son importance.

Donc je reste content du livre en lui-même, mais même avec cette histoire de dépliant qui est peut être un malentendu (peut être que c’est moi qui ai mal lu le descriptif ulule) j'ai quand même l'impression de me faire traiter de sale pauvre. De plus, je trouve que c’est d’avantage pénible d’attendre un objet pour lequel tu payes un an avant, car l’attente est plus présente que si je m’étais contenté comme d’habitude d’attendre la sortie en magasin (d'autant que pas mal de souscripteurs s'en vont le réceptionner dans des magasins spécialisés). Pour ce projet, ça valait le coup de souscrire (c’est un projet qui me tenait vraiment à cœur) et il fallait que je fasse ma propre expérience du financement participatif, mais je ne le ferai plus à l’avenir.


J’espère que cet article de 5 putain de pages word rédigées dans une chaleur à crever vous aura plu, je vais maintenant me suicider dans mon congélateur et je vous dis adieu et surtout ; bon jeu !

Dieter Crane : Rédacteur en Chef et Gardien débutant.

lundi 29 mai 2017

Quelques nouvelles et choses à venir


Bonjour les amis, je me suis absenté depuis Février déjà, le temps est passé très vite et voici ce qu'il s'est passé.

Comme convenu dans un autre article, je vous avais dit que je continuerai 40Arkham Avenue, seulement que le rythme serait sévèrement entrecoupé selon mes disponibilités et voici que nous nous retrouvons après un très long délai du fait de différentes raisons  privées plus ou moins importantes; le principal à retenir étant que j'ai été pas mal pris au point de ne même pas pouvoir replonger ma tête dans le Manuel.

Je n'ai pas réussi à trouver le temps pour reprendre le scénario où il en était, du coup, je pense le recommencer (sachant que j'avais moins d'une journée de l'histoire) avec cette fois-ci, de nouveaux joueurs en plus de ceux qui participaient déjà aux précédentes aventures. Donc, je suis occupé à recomposer l'équipe d'investigateur et je vais avoir besoin de me replonger dans le jeu afin de reprendre mes marques.

De plus, au mois de Mars, il était prévu que nous devions recevoir les Contrées du Rêve donc je comptais sur cette sortie pour relancer le blog . Comme vous l'avez vu, il y a eut un temps de retard et j'ai personnellement reçu ma souscription ce matin (oui je sais, c'est tard, les colis sont envoyé par département). Du coup je vais consacrer un article très bientôt ici dédié aux Contrées du Rêve; un article que j'attendais de vous publier ici depuis un an maintenant !

Ensuite, je vais probablement consacrer un court article sur les romans et nouvelle de Lovecraft, ce qui n'a jamais eu lieu ici jusqu'à présent. Je vous parlerai des différentes traductions publiées et quelle est selon moi, la version la plus intéressante (selon mes critères personnels bien entendu).

Et ensuite, après avoir passé beaucoup de temps à lire les nouvelles, j'aimerais me remettre au jeu en lui-même. Donc, n'hésitez pas à repasser ici me faire un coucou, me suggérer des choses.

Si vous voulez participer à la rédaction et/ou me suggérer des idées de contenu, n'hésitez pas.

En attendant, je vous dis à très vite pour la suite !


Dieter Crane : Rédacteur en Chef et Gardien débutant.

mercredi 15 février 2017

Rapport d’Aventure : Scénario 2 : « Lettres de Sang ». Episode 3, Jour 1 : Le déjeuner.


Résumé des épisodes précédents :

Les Investigateurs sont recrutés incognito par le Doyen de l’Université de Miskatonic afin de retrouver des documents historiques traitant de procès en sorcellerie. Ceux-ci ont été constaté disparu à la suite de la découverte du cadavre du Professeur Charles Leiter, chargé de recherche, dans son bureau de faculté.
Nos enquêteurs ont passé la matinée à enquêter dans le bureau ainsi que dans le cottage. Il ont amassé quelques indices et ont surpris un mystérieux individu portant une paire de lunette, en train de les espionner. Ils ne sont cependant, pas en mesure de confirmer leur capacité à le confondre au cas où ils le croiseraient de nouveau.
Ils retournent à la faculté afin de déjeuner ensemble à la cantine.

Lettres de Sang, un scénario au coeur d'Arkham avec :

_Miss Norma Banner : Infirmière anglaise durant la première guerre mondiale, elle a attiré l'oeil de l'Université Miskatonic suite à une enquête dans laquelle elle a participée

_Garret Wilson : Jeune détective excentrique d'Arkham qui décide de faire ses dents sur une affaire un peu plus difficile que d'habitude afin d'améliorer sa réputation.

_Sire Edward Cucumber : Lord gallois désargenté passionné par l'Histoire et les langues. Il faisait des recherches dans la Bibliothèque de l'Université lorsqu'il a eu vent de l'affaire. 




Nos investigateurs se rendent à la cantine de la faculté. Nous sommes en fin de matinée, il n’est pas encore midi et il n’est pas encore l’heure pour les étudiants d’être servis. Nos héros prennent place tandis qu’un peu plus loin dans la salle, un grand monsieur avec des lunettes et qui semble travailler à la faculté, déjeune avec des collègues. Peu de temps après, le Doyen Bryce Fallon rejoint cette table.

Garret Wilson se rend à la table. Il discute un peu avec le Doyen Fallon, l’homme à lunettes à la mine austère est présenté comme étant le professeur Harland Roach. Au cours de la rapide conversation sur l’affaire, le Doyen invite monsieur Wilson à lui faire un débriefing en fin d’après-midi. Harland Roach veut intervenir en faisant des allusions concernant la vie secrète de Leiter, le Doyen le reprend et lui indique de cesser d’évoquer le sujet. Harland Roach convient néanmoins avec Garret Wilson, de donner rendez-vous aux investigateurs le soir afin d’être interrogé.

Nos investigateurs profitent du déjeuner pour rassembler les indices et essayer de monter une piste. Ils sont vraiment pressés d’interroger E.Court, mais veulent aussi entendre le Docteur Wheatcroft à la morgue et voir le corps du défunt professeur.

Ils ne perdent pas de temps après le repas et s’en vont rencontrer le Docteur John Wheatcroft            au département médecine de la faculté.



Ce passage est assez anecdotique et un peu périlleux à jouer. En effet, j’ai, comme durant le premier scénario, annoncé sans faire exprès qu’il s’agissait d’Harland Roach tandis que les investigateurs devaient le découvrir par déduction. Ça leur a un peu gâché la surprise, mais nous en avons été quitte pour quelques secondes de fou rire avant de reprendre comme si de rien n’était.


On se rejoint très vite pour l’épisode à la morgue !




Dieter Crane : Rédacteur en Chef et Gardien débutant.

vendredi 10 février 2017

"Pluie d'étoiles sur le Plateau de Leng" : Présentation et première impression


Chers amis,
Vous avez été nombreux à saluer mon retour et à passer voir ce blog après quasiment 3 mois d’absence. J’ai pu constater que vous ne m’aviez pas oublié pour certains, si bien que l’épisode 2 du rapport d’Aventure « Lettres de sang », a rejoint le top 10 des articles les plus visionné.
Je ne m’attendais pas un retour comme celui-ci et cela me conforte à nouveau dans l’idée qu’il y a une demande et que 40 Arkham Avenue peut être un beau projet.
Merci.
Place maintenant à la présentation de ce que je  me suis procuré dernièrement :


Bienvenue à Calcuta, années 20'
« Pluies d’étoiles sur la plateau de Leng ».

C’est officiellement le numéro 45 de la gamme de l’Appel de Cthulhu et donc, le numéro 5 de la V7 (eh oui déjà !) ; orienté principalement « aventure » avec un petit chapitre tout de même pour placer du contexte.
Alors de quoi s’agit-il ? C’est un recueil de scénarios avec principalement une mini campagne qui se déroule entre une ville américaine de l’Arkansas et les Contrées du rêve ; composés de 3 scénarios (dont un facultatif) et une mise en contexte sur la ville d’Eurêka Springs (véritable ville de l’Arkansas) et de ses habitants.

Alors, malgré l’apparent manque d’épaisseur comparé aux autres volumes sortis, je peux vous dire que cette campagne est tout de même assez dense. Le temps estimé en tout dans le bouquin est de 12h, dont 8h pour « Pluie d’étoiles.. » (2h pour chacun des deux autres scénarios), ce qui est donc pas mal du tout.  En ce qui concerne les deux scénarios introductifs, il y en a un qui me gène tout particulièrement (mais je vais y revenir), qui propose tout de suite de l’action et un second qui semble être un peu plus proche de l’étrangeté que l’on pourrait retrouver chez Stephen Kings avec une ville qui va réagir aux événements du scénario précédent.

Quoi d’autre ? Trois scénarios inédits qui viennent s’ajouter au thème général du Livre qui est celui d’introduire les Contrée du Rêve (qui doivent être en cours d’impression/montage au moment où j’écris ceci) et aussi de voyager. En effet, vous avez un scénario sur une croisière dont la trame paraît un peu bancale à première vue, mais qui peut être très intéressant à exploiter dans son fonctionnement pour ajouter un aparté à une campagne qui nécessite de traverser l’atlantique, ou bien comme scénario pour initier des joueurs car il y a un côté ludique assez intéressant en ce qui concerne la façon de jauger les PNJs.

Vous avez un second scénario qui fera voyager vos investigateurs en Inde, qui est un territoire jusque là inexploité en v7. Avec à l’affiche, un Yithien que vos héros devront soutenir afin de faire reculer une menace des plus critiques. Je sais qu’il y a beaucoup de Gardiens qui cherchent des scénarios de ce genre avec un voyage exotique, un Ancien bénéfique pour une fois (ce qui, rappelons-le, n’est pas prévu par le jeu au départ-CF introduction du Manuel du Gardien), de l’action à la Indiana Jones ; c’est vraiment un scénario que vos investigateurs vont adorer.

Et puis le troisième, celui qui a retenu mon attention, se passe au Japon dans la mystérieuse et très dangereuse forêt d’Aokigahara. C’est une forêt qui existe vraiment au Japon que l’on surnomme « la Forêt du suicide ». Il y a énormément d’histoires sordides issue de cette forêt car les gens continuent de s’y rendre encore aujourd’hui pour disparaître (voir note importante à lire en toute fin). Le gouvernement y a même installé des pancartes dont les supplications de faire demi tour, augmentent au fur et à mesure que les gens s’avancent dans les bois. Donc, connaissant un peu l’histoire de ce coin du Japon, je n’ai pas pu m’empêcher d’être attiré par le recueil et de me le procurer car cela aurait été vraiment dommage de passer à côté. C’est l’occasion aussi de découvrir le Japon des années folles, un état neuf et moderne qui a émergé suite à sa victoire militaire contre les russes et au soutien économique et stratégiques des USAs. Et puis une forêt, une forêt qui nous dépasse car cette fois, nous ne sommes plus dans le Vermont ni dans une forêt noire à l’européenne, mais bien dans une forêt millénaire du Japon où tout peut arriver.



La ville existe vraiment, beaucoup de document disponibles sur la toile
Alors que dire à propos de ce recueil ?

Je ne l’ai pas lu en détail car je suis long à lire et j’attends d’avoir l’occasion de chercher un scénario à préparer pour les lire. Il en va de même pour « Aventures Effroyables » d’ailleurs. Je les ai néanmoins feuilletés et je vais vous donner un peu mes impressions premières pour chacun des chapitres. Mais avant ça, quelques généralités.

Alors il annonce un peu l’arrivée de « Les Contrées du Rêve » qui sort en Mars, avec des scénarios se déroulant dans cet univers onirique, mais évidemment, pas besoin d’attendre la sortie du supplément puisqu’il y a déjà ce qu’il faut dans le recueil et dans le Manuel du Gardien (souvenez-vous qu’un court chapitre y est consacré). Dans les «Aventures Effroyables », vous avez d’ailleurs aussi un scénario qui vous emmène dans les Contrées.

Il faut signaler que l’ensemble des scénarios du recueil sont conçus pour des investigateurs débutants et donc les critiques faites par les joueurs expérimentés seront ce qu’elles sont, et on sait combien ils sont exigeant avec un jeu aussi culte (c’est le cas de le dire) et « sacré », mais cela reste des propositions pour joueurs débutants et je crois que ces derniers trouveront leur compte.

En revanche, ne proposer que des scénarios imposant des investigateurs pré-tirés à tendance à me gonfler. Dans certains scénarios du recueil « Aventures Effroyables », cela peut se justifier lorsqu’il est question de scénario de science-fiction ou bien au temps des pictes ; mais là c’est pénible. Les joueurs adorent créer leur personnage, leur donner une identité, un background, un caractère etc et là cela gâche le plaisir je trouve. Faire des recommandations comme dans « Lettres de sang » en imposant des choix de carrière plutôt que des pré-tirés, aurait été préférable. Si on veut jouer avec des personnages pré-tirés, on allume une console de jeu et on joue les midinettes en short acrobate/chercheuses d’artefact. Je mets le doigt là-dessus, car cela ne se justifie pas la plupart du temps. C’est souvent des profils d’infirmière, de psychologue, de détective tout ce qu’il y a de plus basique ; donc c’était un peu gâcher du papier pour rien. Messieurs les auteurs, on s’en tape de vos héros, les héros sont à ma table. 


La seconde chose qui m’a vraiment gênée, c’est le scénario avec la bande de voyou qui introduit la campagne. J’ai trouvé la description des voyous est absolument grotesque et nulle. Que je vous explique : Le scénario se passe durant les années 20 et donc l’auteur a voulu créer une bande de motards, sauf que cela n’existe pas à l’époque. Du coup il a fait un gang de motards, se déplaçant dans une grosse Ford avec des blousons en cuir et des têtes de mort… C’est absolument n’importe quoi.

La culture de gang des motards telle qu’on la fantasme (c'est-à-dire les Hells angels), elle s’est faite avec les vétérans de guerre de la fin du XXème. Après la seconde guerre mondiale, les premiers clubs de motos aux USAs, proposent une charte éthique du parfait gentleman motard et c’est le refus de certains vétérans de signer cette charte, qui a créée la culture motarde comme on la connaît ainsi que son esthétique. En gros, pas de gang de motards sans la seconde guerre mondiale ni la guerre de Corée ni le Vietnam.
Donc je veux bien qu’on puisse aimer Mad Max ou bien Sons of Anarchy ou Scorpio Rising, mais on s’en tape : Là ce sont les années folles.

Et à cette période, les voyous sont tout autre. Je veux dire… Le rock’n’roll n’existe pas, le jazz commence a à peine traversé l’atlantique. Donc cet anachronisme assumé à coup de « ouais bah je voulais des motards, mais c’était pas possible, mais je le fais quand même » et bien c’est quand même une justification dure à avaler.

Si cela se passe dans les années 20, cela se passe dans les années 20 et on ne peut pas refaire l’histoire comme cela nous arrange. Il faut que ce soit réaliste et immersif pour que les joueurs soient dépassés lorsque les horreurs lovecraftiennes apparaîtront. Mais là, si on démarre le scénario avec du grand n’importe quoi ; la campagne risque d’être longue et difficile à supporter car les investigateurs ne prendront pas la partie au sérieux.

Je trouve qu’avec ce genre de création, tout comme Battlefield 1 où on brouille les pistes entre ce qui est de l’ordre de l’Histoire et de la grosse daube de conneries réchauffées et mal digérées, cela participe aussi à ce qu’on appelle en ce moment « la post-vérité ». Si on me dit dès le début que je vais faire jouer une « dystopie », alors là d’accord. Mais ces conneries de créations post-modernes qui viennent se superposer au Réel de façon ambigu ; je dis : Attention, soyez clair avec ce que vous proposez aux gens et ne les induisez pas en erreur. C’est la base, c’est comme ces histoires qui commencent avec un « toute ressemblance avec des personnes existantes est fortuite ». Donc, est-ce que l’on joue une aventure dans les temps modernes ou bien dans des dystopies ? Qu’on me l’indique correctement en début de scénario et pas juste une justification à laquelle on peut répondre par : « Propose une aventure en 1969 dans ce cas ».

Et puis sinon, je n’ai pas encore assez lu, mais j’ai l’impression qu’il va falloir que je me retrousse les manches pour jouer certains de ces scénarios afin que tout tienne debout et qu’on est loin d’un objet qui vous mâche le travail. Alors, je n’ai pas de soucis d’invention, d’improvisation et tout ça ; mais cela reste un peu le défaut qui vous fait demander pourquoi avoir déboursé 36€ pour des scénarios qui vont vous faire autant galérer que les scénarios trouvés sur internet (et encore, je suis sûr qu’on trouve de véritables pépites).

Donc mon avis, c’est que c’est un objet un petit peu cher pour ce que c’est, car c’est finalement plus cher que « Aventures Effroyables » sans que cela ne se justifie (à moins que Sans-Détour ait à verser une taxe chaque mois aux yakuzas dans ce cas je comprends). Après, on a des éléments originaux et un background très intéressant. Le scénario en croisière sera une parenthèse sympa à jouer durant une campagne, l’Inde avec l’arme tout à fait « bad-ass » qui est incluse dedans, sera aussi très sympas à jouer et puis un scénario traitant de la forêt d’Aokigahara, ce n’est pas tout les jours que l’on voit ça.

Pour le reste, le scénario introductif de la mini campagne ne me donne absolument pas envie car on démarre tout de suite avec ce qui est de la pure connerie en barre, donc ça gâche un peu mon plaisir et mon envie de vouloir jouer aux Contrées du Rêve avant l’heure.

Dans l’ensemble, cela reste très bien dosé en voyages, en exploration, en actions, en investigation, en rencontres et en Lovecrafteries en tout genre. Il y a des choses originales et séduisantes (la forêt du Japon et le Yithien notamment), énormément de monstres à l’affiche, mais les investigateurs pré-tirés ne se justifient pas la plupart du temps et n’ont rien d’originaux… Je pense par exemple à l’infirmière belle et musclée qui est finalement ma Miss Norma Banner des scénarios que je joue. Il y a aussi le vétéran de guerre, le jeune détective…  Je pense vraiment que ce n’était pas là-dessus que les auteurs auraient dû mâcher le travail.
La dernière chose, c’est que pour l’instant, il n’y a pas de PDFs sur le site de Sans-Détour proposant d’avoir les suppléments, j’entends par là les objets des scénarios comme les lettres, les indices, les plans et ce ne serait pas de trop à imprimer. Cela est disponible pour « Aventures Effroyables » par exemple donc est-ce que c’est un problème de droit où est-ce qu’on fait machine arrière sur les PDFs ou bien que cela arrivera plus tard ? Le mystère reste entier.

Donc mon impression est mitigée, mais encore une fois c’est une impression quasi à chaud et évidemment, mon avis évoluera une fois que je commencerai à jouer ces aventures et comme d’habitude j’en fais des caisses lorsque quelque chose me dérange, mais il y a aussi des éléments qui me plaisent dans le contenu. Alors je vous le recommanderai tout de même, car cela peut servir. Mais si vous pouvez le trouver moins cher, attendre une éventuelle promotion pour vous le procurer, faites-le. Faites-le car c’est finalement assez cher encore une fois comparée à « Aventures Effroyables ». Donc si vous hésitez, attendez peut être la sortie de « Les Contrées du Rêve » pour savoir si ce recueil peut apporter quelque chose à votre expérience avec ce supplément ; mais si vous voulez faire voyager vos investigateurs sans passer par une campagne comme les 5 Supplices (la plus longue jamais éditée pour rappel), et bien orientez-vous plutôt sur cet ouvrage.
On se quittera sur ces bons conseils et je vous donne rendez-vous bientôt pour d’autres articles.

D’ici là, restez à l’affût, laissez moi un commentaire pour savoir si vous vous retrouvez dans cette critique ou si vous avez des questions sur des choses que j’aurais oublié d’aborder et surtout ; amusez-vous bien !

Avis aux âmes sensibles : évitez de faire des recherches d'image sur le net


URGENT A LIRE : Je tiens à mettre en garde mes lecteurs en ce qui concerne les recherches que vous pourriez faire à propos de la forêt Aokigahara. En effet, sa réputation de forêt du suicide, de forêt morbide, est toujours d'actualité... Si bien que vous pouvez très facilement tomber sur des photos extrêmement choquantes de cadavres retrouvés dans cette forêt. Ces photos sont vraies et les cadavres sont bien réels, je vous mets donc en garde là maintenant afin que vous n'ayez pas de mauvaises surprises. Pour ceux qui trouveraient cela amusant, je vous rappelle que le respect des morts n'est pas quelque chose à prendre à la légère et j'espère que vous aurez la maturité de ne pas utiliser cette information à des fins perverses et répréhensible. Cette information est une mise en garde plus que sérieuse. 



Dieter Crane : Rédacteur en Chef et Gardien débutant.

dimanche 5 février 2017

Rapport d’Aventure : Scénario 2 : « Lettres de Sang ». Episode 2, Jour 1 : Le Cottage.

Exemple de cottage typique de la Nouvelle Angleterre
Résumé de l’épisode précédent :

Nos Investigateurs sont reçu à l’Université de Miskatonic par le doyen Bryce Fallon. Ils sont mandatés par ce dernier afin de retrouver des documents déclarés manquant depuis le décès du Professeur Charles Leiter ; retrouvé inerte dans son bureau. C’est là que nos héros ont démarré leur enquête et ont récolté quelques indices, mais y ont trouvé aussi des éléments curieux qui ajoutent déjà des zones d’interrogation en plus dans cette affaire.
Pour plus d’informations, vous pouvez jeter un œil sur les articles antérieurs qui posent le décor et détaillent la préparation de ce scénario.



 Lettres de Sang, un scénario au coeur d'Arkham avec :

_Miss Norma Banner : Infirmière anglaise durant la première guerre mondiale, elle a attiré l'oeil de l'Université Miskatonic suite à une enquête dans laquelle elle a participée

_Détective Garret Wilson : Jeune détective excentrique d'Arkham qui décide de faire ses dents sur une affaire un peu plus difficile que d'habitude, afin d'améliorer sa réputation.

_Sire Edward Cucumber : Lord gallois désargenté passionné par l'Histoire et les langues. Il faisait des recherches dans la Bibliothèque de l'Université lorsqu'il a eu vent de l'affaire. 




Le rendez-vous avec Emilia Court, l’étudiante qui travaillait avec feu Charles Leiter, est pris.

Nos investigateurs quittent l’enceinte de la faculté pour se rendre dans la grande rue qui longe le campus. C’est là que se trouvent les maisons de fonction allouées aux professeurs de l’Université de Miskatonic.
Ils rejoignent le Cottage de Leiter et commencent déjà leur enquête sur le porche. En effet, ils ne trouvent pas moins qu’une lettre de l’asile d’Arkham parmi des enveloppes de taxation et le tas de prospectus.

La lettre est un permis de visite pour un certains C.Hunter.

Nos héros ne perdent pas de temps et entrent dans le cottage. Ils décident de mener leur recherche chacun de leur côté dans la maison. Le détective Wilson reste au rez-de-chaussée et fouille les différentes pièces à commencer par le salon. Miss Banner opte pour l’étage et Sire Cucumber pour la cuisine.

Garret Wilson fouillent quelques documents dans le salon avant d'enchaîner ensuite par la salle de travail et le bureau du cottage. Des factures et des billets de train évoquant des voyages à Atlantic City, des éléments montrant qu’il avait rendez-vous avec deux personnes désignées par des initiales : L.S et A.W. Les dernières initiales semblent corroborer les indices trouvés précédemment dans le bureau, sans pour autant apporter plus de clarté à l’affaire.


A l’étage, Norma Banner ne trouve pas d’indices. Mais en regardant à la fenêtre ouest de l'étage, elle semble distinguer une présence. Malheureusement, avec la lumière du soleil, elle ne parvient pas à discerner quoi que ce soit ; si ce n’est peut être des reflets de lunettes qui lui renvoient une lumière aveuglante. 


Exemple de plan alternatif que vous pouvez utiliser pour le scénario

La présence sur le côté de la maison semble avoir vu Norma et commence à prendre la fuite. Le bruit des graviers alerte Sire Edward qui décident de sortir par la porte arrière de la cuisine afin d’essayer d’appréhender la personne.

Mais c’est sans compter l’âge avancé de Sire Cucumber, lequel, avec ses jambes fatiguées et sa canne, ne peut prétendre à de grands efforts physique.

L’homme à lunettes disparaît tandis que Sire Edward se retrouve à l’entrée de la maison, scrutant la rue dans l’espoir d’apercevoir le suspect au loin ; sans succès.

Norma Banner est descendue prévenir les messieurs qui l’accompagnent de ce qu’elle a vu, lorsqu’elle voit rentrer par la porte d’entrée, Sire Edward qui lui confirme ses dires. Garret Wilson aura tout de même trouvé quelques indices qui semblent confirmer des pistes à suivre.
Ils en seront quittes pour cette fois ; ce n’est pas maintenant que le « rififi » sonnera à la porte de nos investigateurs.

L’exploration du cottage s’étant faite rapidement, ils décident de retourner à l’Université afin d’aller se nourrir à la cantine de celle-ci ; le repas est offert par la Maison. 



J’espère que ce passage de l’aventure vous a plu. Alors qui est donc le mystérieux espion qui semble surveiller nos investigateurs ?

Je préfère ne pas vous le révéler tout de suite ; bien qu’il n’y ait pas beaucoup de choix. Cela a été amusant à jouer, car j’ai pu expérimenter sur la table, les moments où je demande aux joueurs de se boucher les oreilles tandis que j’explique tout bas au joueur convoqué, ce qu’il se passe. 

C’est super car ils ont bien joué le jeu. Le tout est vraiment, de ne pas perdre la temporalité du fait qu’ils se soient dispersés à différents endroits de la maison. Il fallait bien que je précise les actions en disant « au même moment toi tu fais ça ». Les joueurs étaient très contents d’avoir un plan de la maison à explorer. 

Celle-ci est disponible dans le bouquin, mais je ne l’ai pas imprimé, je l’ai redessiné durant ma préparation de scénario et les joueurs apprécient vraiment d’avoir un visuel sur lequel se rabattre. C’est vrai qu’en tant que Gardien, nous avons toutes les images en tête et on oublie trop souvent que les Investigateurs n’en ont aucune. Du coup, manquant de ces derniers, j’envisage de faire d’avantage de descriptions spatiales afin d’imprégner un peu plus les joueurs de l’atmosphère.

 Il faut que je trouve le bon dosage entre décrire correctement les choses et jouer rapidement le scénario (d’autant que j’ai du mal à rassembler les joueurs en séances donc le moindre instant avec eux est précieux).

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour la suite ! D’ici là, amusez-vous bien !

Dieter Crane : Rédacteur en Chef et Gardien débutant.